Le 3 décembre 2025 à Paris se sont réunis chercheurs et praticiens autour de la mobilisation non militaire et de la défense civile non-violente. Les échanges ont mis en lumière, à partir du cas ukrainien, le rôle des sociétés civiles dans les dynamiques de résistance et de résilience. Cette journée a ouvert un espace de réflexion collective pour repenser les enjeux de sécurité au-delà du cadre strictement militaire.
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Journée d'études « La mobilisation non militaire : un pilier invisibilisé de la résilience sociétale »
3 décembre 2025 à Paris
Lors d’un conflit armé, les populations civiles sont toujours impactées. Or contrairement à l’idée reçue, elles ont des moyens de résister et de se protéger collectivement. Elles peuvent même jouer un rôle prépondérant dans le conflit sans pour autant recourir à l’action armée. Comme on le voit en Ukraine aujourd’hui, mais aussi hier, lors des invasions nazies et soviétiques dans différents pays d’Europe, des personnes ordinaires sont capables d’accomplir l’extraordinaire lorsque leur liberté et leur dignité sont en jeu, et ce même dans les circonstances les plus difficiles.
Dans un contexte d’invasion, d’occupation ou même d’attaque hybride, on nomme « défense civile non-violente » (DCNV), la mobilisation collective, concertée et non-violente d’acteurs non-militaires (fonctionnaires, employés, activistes, retraités et autres citoyens ordinaires). S’ils sont préparés et déterminés, ces citoyens peuvent protéger leurs institutions, exercer une forte pression sur les agresseurs et leurs collaborateurs et, ainsi, accroître considérablement les coûts d’une invasion, occupation ou autre agression. Les citoyens ordinaires sont des atouts remarquables en matière de défense.
Le potentiel de la DCNV pour renforcer la résilience de l’Europe est encore sous-estimé. L’histoire de l’Ukraine depuis 20 ans montre pourtant la puissance de populations civiles mobilisées et innovantes pour défendre la démocratie puis la souveraineté du pays (mouvement populaire d’Ukraine, révolution Orange, Euromaidan…). Pour repenser la sécurité en Europe aujourd’hui, il est impératif de comprendre les ressorts de cette résistance sociétale face à l’agression russe.
Dans cet esprit, l’Organization for Nonviolent Movements (ONM, France), l’Institut pour la Paix (IPP, France), l’International Center on Nonviolent Conflict (ICNC, USA), et l’International Institute for Nonviolent Action (NOVACT, Espagne) ont organisé ce séminaire de travail, dont les objectifs étaient les suivants :
- examiner la nature et les innovations en matière de DCNV en Ukraine ;
- identifier les initiatives de préparation des sociétés civiles en Europe : quelles stratégies adoptons-nous, quelles initiatives menons-nous ou prévoyons-nous, quelle est notre contribution potentielle à la préparation de la société en général ?
- mener une réflexion autour des synérgies possibles entre Européens et en particulier avec des Ukrainiens.
Le séminaire a comporté une table ronde et une discussion ouverte (10h00-13h00) modéré par Cécile Dubernet (Institut Catholique de Paris), en plus d’une réunion de travail (15H00 à 18H00).
- La docteure Oleksandra Keudel et le professeur Felip Daza ont présenté les résultats récents de leurs recherches sur l’évolution de la résilience et de la résistance civile en Ukraine depuis l’invasion à grande échelle.
- Olena Tregub, secrétaire générale de NAKO (Independent Anti-Corruption Commission, Kyiv) et conseillère principale de l’ONM, a proposé une intervention portant sur l’innovation sociale en matière de défense au sein du secteur privé et des ONGs ukrainiennes.
- Amber French-Griette, co-fondatrice et présidente de l’ONM et chercheuse associée à l’IPP, a présenté son travail d’engagement avec les acteurs publiques (gouvernement et militaire) et privés (industries et tech) sur le potentiel de la DCNV.
À l’issue des présentations, les participants ont mené une discussion collaborative afin d’identifier les stratégies, les outils et les ressources susceptibles de renforcer les capacités de DCNV dans les cadres institutionnel, universitaire, industriel, politique et associatif.
Cet événement a eu lieu en anglais et français avec interprétation. Cela a été possible grâce aux soutiens de nos partenaires en Espagne, France et aux USA.
Enregistrements audio
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